Vendredi, 19 juin 2026

Bilan de session parlementaire : Pierre Dufour n’exclut pas un retour sous une autre bannière

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Pierre Dufour a été éjecté du caucus de la CAQ en septembre dernier après avoir adressé des reproches quant à la représentation et l'écoute de la région par le Conseil des minites. Photo : Archives/MédiAT
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 Le député indépendant d’Abitibi-Est dresse un bilan positif de sa dernière session parlementaire et réfléchit à la suite de sa carrière politique.

Fier d’avoir contribué à mettre le déficit fiscal de l’Abitibi-Témiscamingue à l’avant-plan, Pierre Dufour trace un bilan positif de ses huit derniers mois comme député indépendant. À quelques mois des élections provinciales, l’élu d’Abitibi-Est n’écarte pas la possibilité de se présenter sous les couleurs d’un autre parti politique.

La dernière session parlementaire avant les élections provinciales s’est terminée le 12 juin à l’Assemblée nationale. Celle-ci s’est déroulée dans un contexte particulier, alors que la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, n’a eu que 58 jours pour tenter de renverser la vapeur.

En Abitibi-Témiscamingue, les attentes étaient élevées puisque plusieurs dossiers demeurent en suspens, notamment celui des rénovations du bloc opératoire et de l’urgence d’Amos, qui se font toujours attendre.

Le député d’Abitibi-Est, Pierre Dufour, ancien membre du caucus de la CAQ et maintenant député indépendant, revient sur cette dernière session parlementaire ainsi que sur une année particulièrement mouvementée.

Malgré le peu de temps dont il disposait, M. Dufour est particulièrement fier d’avoir contribué à mettre le dossier du déficit fiscal régional sous les projecteurs.

« On l’a fait de manière assez intelligente et cohérente pour faire comprendre que l’étude d’Aviséo, publiée en 2025, démontre l’existence d’un déficit fiscal lorsque l’on compare les investissements publics et privés, a-t-il rappelé. La région ne reçoit pas sa juste part, alors qu’elle contribue malgré tout de façon significative au PIB. »

 

Fort de son indépendance

M. Dufour constate maintenant que le concept de déficit fiscal fait son chemin dans la population. Les maires sont mobilisés et certains chefs de partis commencent également à prendre acte des conclusions de l’étude d’Aviséo. Selon lui, le sujet risque d’occuper davantage d’espace au cours de la précampagne et de la campagne électorale.

Près de huit mois après avoir été exclu du caucus de la CAQ, le député d’Abitibi-Est ne regrette aucunement son rôle d’élu indépendant.

« Même comme indépendant, j’ai été capable de faire bouger les choses », a-t-il affirmé.

Il cite notamment le bloc d’énergie accordé à Agnico Eagle pour la mine Odyssey, l’amélioration du réseau routier dans la Vallée-de-l’Or ainsi que l’ajout de 220 places en CPE « Quand tu brasses les choses, c’est plus difficile, mais quand tu entretiens de bonnes relations avec les gens, tu peux réussir. »

Sur les grands dossiers et les enjeux régionaux, le député estime avoir pu prendre la parole de manière plus libre « Quand tu es au pouvoir, les revendications se font à l’interne, au sein du caucus. Les gens ne le voient pas toujours, a-t-il expliqué. Souvent, je dis aux gens : ne vous demandez pas pourquoi François Legault m’a tassé. Il devait être tanné de m’entendre. »

 

En réflexion pour son avenir

À peine la période estivale amorcée, Pierre Dufour devra prendre d’importantes décisions quant à son avenir politique. Il ne cache pas avoir été approché par certains partis, notamment les libéraux de Charles Milliard ou encore les conservateurs d’Éric Duhaime.

« Il me reste à mettre dans la balance les programmes de chacun des partis avant de décider où je vais m’impliquer », a-t-il affirmé.

Si la machine à rumeurs peut s’emballer, M. Dufour assure que, s’il se représente lors des élections d’octobre, ce sera dans sa circonscription actuelle d’Abitibi-Est.

Les députés caquistes Daniel Bernard et Suzanne Blais n’ont pas donné suite à nos demandes d’entrevue.