Mardi, 23 juin 2026

Lac-Simon et les communautés de la région demandent une réforme du régime minier québécois

Publié:
Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
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Le Conseil de la Première Nation anishnabe de Lac-Simon réclame que les Premières Nations soient consultées avant l’octroi de claims miniers sur leurs territoires ancestraux. La demande a été formulée dans une lettre adressée à la ministre des Ressources naturelles, Katéri Champagne-Jourdain.

 

Le Conseil de la Première Nation anishnabe de Lac-Simon a écrit à la ministre des Ressources naturelles, Katéri Champagne-Jourdain. Dans cette lettre, la communauté demande notamment que les Premières Nations soient consultées avant l’octroi d’un bail minier, communément appelé un « claim ».

Le chef de la communauté, Lucien Wabanonik, a présenté ces revendications lors d’un point de presse tenu à Val-d’Or, le 22 juin. Il était accompagné de représentants des communautés anichinabés de Pikogan, Long Point First Nation, Kebaowek et Lac-Barrière, ainsi que de la grande cheffe du Conseil algonquin A

nishinabeg, Verna Polson.

Les représentants des communautés autochtones réclament une participation accrue des Premières Nations dans les processus décisionnels touchant leurs territoires ancestraux. Ils demandent notamment que leur consentement soit obtenu avant l’approbation de projets de développement minier et souhaitent une réforme du régime minier québécois.

« Si l’industrie demande de la prévisibilité pour le développement de ses projets, celle-ci ne peut pas s’obtenir en contournant les Premières Nations », a affirmé le vice-chef de Lac-Simon, Dany Pien.

M. Wabanonik a rappelé que, le 13 juin dernier, la communauté de Lac-Simon a dû se tourner vers les tribunaux pour faire valoir sa position concernant le projet Novador.

« Ce projet n’a jamais été accepté par la communauté, a-t-il soutenu. Le Québec ne doit plus accorder de claims miniers sur nos territoires ancestraux sans notre consentement, comme si nous étions secondaires. »

Le chef de la communauté de Kebaowek, Lance Haymond, partage cette position. « Les décisions ne peuvent pas être prises sans les Premières Nations, a-t-il souligné. Les projets doivent se développer avec elles, et non autour d’elles, et surtout pas malgré elles. »

Le co-porte-parole de la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine et avocat pour MiningWatch Canada, Rodrigue Turgeon , était également présent pour témoigner de l’appui de la société civile. « Le principe du free mining est archaïque. Les gens n’en veulent plus », a-t-il affirmé, citant un sondage réalisé par la firme Léger selon lequel plus de 60 % de la population souhaitent que le consentement des communautés concernées soit respecté avant l’autorisation de projets miniers.

Il poursuit en disant que comme Québécoises et Québécois, il est important de garder en tête que c’est précisément ce free mining  « le choix archaïque mais délibéré et répété du gouvernement de faire toujours passer les intérêts des minières avant tout le reste » qui est la cause de l’incertitude dans le secteur minier, et non le respect des droits des peuples autochtones. « Il est possible de changer le système pour respecter la nature et les droits des peuples autochtones sans empêcher toute activité minière, mais ça prend du courage pour se tenir devant les lobbys miniers, et force est de constater que ce gouvernement n’en a pas», a conclu M. Turgeon.

 

Une réforme réclamée depuis plusieurs années

Les représentants autochtones soutiennent que le régime minier actuel ne tient pas suffisamment compte des droits ancestraux et du principe du consentement préalable, libre et éclairé. Ils estiment qu’une modernisation de la législation permettrait de réduire les conflits et d’assurer un meilleur partage des décisions concernant le développement des ressources naturelles sur les territoires traditionnels.

« Aujourd’hui, les Chefs Anishinabeg se tiennent unis pour affirmer que nos territoires ancestraux, autant à la surface que sous la terre, doivent être au cœur de toutes les décisions qui les concernent, a souligné le Grande-cheffe du conseil tribal Anishnabeg, Verna Polson. Nous avançons ensemble pour veiller à ce que tout développement respecte nos droits, nos responsabilités et notre mode de vie. Dans cette unité, nous sommes clairs : les décisions doivent se prendre avec nous, et non sans nous.»