Réorganisation à Barraute : Un comité sera formé et des défis financiers et logistiques se pointent
Le conseil d’administration du Centre de services scolaire Harricana (CSSH) a officiellement adopté une résolution accordant une année de sursis à la modification de l’ordre d’enseignement de l’école Natagan de Barraute. L’organisation a également mandaté la création d’un comité de concertation composé de représentants du CSSH et de la société civile afin d’assurer le suivi des projets de revitalisation de l’établissement.
Cette décision survient quelques jours après la mobilisation citoyenne entourant le dossier, la sortie publique des maires et mairesses de la MRC d’Abitibi, la démission de membres du conseil d’administration ainsi que l’intervention du cabinet de la ministre de l’Éducation.
Réunis en séance extraordinaire le 4 juin, les membres du conseil d’administration ont d’abord pris connaissance du sommaire décisionnel découlant de la rencontre du 29 mai dernier, qui avait mené à l’annonce du sursis.
La directrice générale du CSSH, Nancy Létourneau, a reconnu que les dernières semaines avaient été particulièrement mouvementées pour l’organisation.
« C’est certain que ça nous fait vivre différentes émotions, a-t-elle avoué. Le dossier a créé beaucoup de remous autant avant le 4 mai qu’après. On savait que la communauté se mobiliserait (…) peut-être pas jusqu’à ce qu’on ait à se rasseoir et revenir sur la décision. »
Mme Létourneau affirme maintenant vouloir assumer pleinement ce revirement et concentrer les efforts sur la réussite du projet.
« Maintenant, il faut se demander qu’est-ce qu’on peut faire pour assurer de maintenir une organisation scolaire solide et surtout un service aux élèves de qualité. »
Une victoire, mais du travail à faire
Présente lors de la séance, la porte-parole de la mobilisation citoyenne, Jeanne Grenier, s’est dite heureuse de la décision, tout en estimant que l’énergie déployée dans les derniers mois aurait pu être investie ailleurs.
Selon elle, le temps consacré à contester le projet de réorganisation aurait été plus utile s’il avait été consacré directement au développement des projets de revitalisation de l’école Natagan.
Par message texte transmis à MédiAT après la rencontre, elle a réagi ainsi :
« Je suis heureuse qu’on ait une chance. Mais ce ne sera pas facile avec le CSSH, surtout que les membres en faveur ont donné leur démission. Barraute est prête à travailler. Je souhaite de la collaboration de part et d’autre. »
Un comité pour mesurer les résultats
La prochaine étape sera la création d’un comité de concertation auquel participeront une dizaine de personnes, dont des représentants du conseil municipal de Barraute, du personnel enseignant ainsi que des responsables des différentes concentrations sportives et artistiques.
Selon Nancy Létourneau, cette nouvelle structure doit permettre à la fois d'assurer un suivi rigoureux des projets et de répondre aux préoccupations exprimées par la communauté quant à la transparence du processus.
« Le comité de concertation permettra de les impliquer au maximum. On nous a dit qu’ils voulaient s’impliquer; maintenant, c’est le temps de démontrer la mobilisation. »
Trois moments clés ont déjà été identifiés pour évaluer l’avancement des projets : septembre, janvier et avril.
Le comité devra également s’entendre rapidement sur les critères qui serviront à mesurer le succès de l’initiative. Parmi les indicateurs envisagés figurent le taux de réussite des élèves, le nombre d’inscriptions dans les concentrations sportives et artistiques, la capacité d’offrir un parcours scolaire complet, les impacts financiers ainsi que la participation du milieu.
« Une organisation scolaire est une structure complexe à mettre en place, a poursuivi la directrice générale. Il faut donc s’ajuster face aux défis financiers qu’amènera ce retournement de situation. Il faut aussi prendre en considération la capacité de nos enseignants à prendre plus de tâches et de responsabilités. »
Au terme du processus, en avril 2027, le comité pourra formuler une recommandation finale. Deux scénarios demeurent sur la table : le retour au projet de transfert des élèves de 4e et 5e secondaire vers Amos ou la poursuite des projets de revitalisation pour une période minimale de trois ans.
Des défis financiers à prévoir
Financièrement, la directrice générale admet que le maintien des élèves de 4e et 5e secondaire à Barraute représente un défi important, particulièrement dans le contexte de la diminution de l’Indice des milieux socio-économiques (IMSE). Afin de soutenir l’école Natagan, un montant de 30 000 $ a été injecté dans son budget.
« Les impacts sur les autres milieux et les autres écoles sont réels, a-t-elle souligné. Le comité de répartition des ressources a un budget avec différentes mesures. Il a fallu ajuster le budget à Barraute en raison de la diminution de son indice des milieux socio-économiques. »
Pour l’instant, le CSSH affirme être incapable de déterminer quels établissements pourraient être touchés par les ajustements budgétaires nécessaires au maintien du projet. Les budgets des écoles sont actuellement en préparation et seront adoptés à l’automne.
Nancy Létourneau a également indiqué que le ministère de l’Éducation ne permet plus aux centres de services scolaires d’utiliser leurs surplus accumulés pour absorber ce type de dépenses.
Le temps presse pour la concentration ski alpin
Le conseil d’administration du CSSH a également exprimé des inquiétudes concernant l’avancement du projet de concentration ski alpin, qui accuse un certain retard.
Plusieurs informations jugées essentielles à la planification de la prochaine année scolaire demeurent attendues, notamment en ce qui concerne les coûts, les horaires et l’encadrement.
« Nous avons des engagements de leur part, a indiqué Mme Létourneau. Le Mont Vidéo a mentionné que la concentration ski alpin était viable pour la prochaine année, mais depuis plusieurs semaines, il nous manque plusieurs informations importantes. Il nous faut ces informations avant la fin de l’année scolaire. »
Les concentrations hockey, volleyball et arts plastiques ne présentent toutefois aucun enjeu particulier quant à leur implantation à la rentrée.