Mardi, 21 juillet 2026

Dumont Nickel inaugure une salle d’interprétation et se dit plus près que jamais du feu vert financier

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
La maquette de huit pieds par huit pieds démontre bien l'ampleur du site. Ici, on peut voir la fosse après les cinq premières années d'exlploitations. Photo : Mathieu Proulx
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Deux ans après l’acquisition de l’ancienne usine Résolu d’Amos, l’entreprise Dumont Nickel ouvre un espace destiné à mieux faire comprendre son projet de mine à ciel ouvert et affirme que la décision finale sur son financement pourrait survenir très bientôt.

 

Une maquette pour mieux comprendre le projet

Deux ans jour pour jour après avoir annoncé l’achat de l’ancienne usine Résolu à Amos, l’équipe de Dumont Nickel a souhaité poser un nouveau geste afin de mieux connecter avec la population d’Amos et des environs. L’entreprise a inauguré la salle Dumont, un espace qui présente l’histoire de la propriété Dumont — dont les premières découvertes remontent à plusieurs décennies — ainsi qu’une maquette détaillée du projet de mine à ciel ouvert.

Cette maquette est née d’un défi lancé par le chef de l’exploitation de Dumont Nickel, François Vézina à son équipe. Comme il l’a raconté lors d’un point de presse tenu le 16 juillet, il a profité d’une période plus tranquille au bureau pour lancer l’idée de réaliser une maquette de plus grande envergure pouvant être présentée aux citoyens. Réalisée à l’échelle 1:1000, elle vise à rendre le projet plus concret.

« Nous faisons souvent des présentations publiques avec des diaporamas, mais l’aspect visuel est toujours plus difficile, surtout pour une mine à ciel ouvert de cette ampleur, a expliqué François Vézina en entrevue. L’espace permet aux gens de regarder, de pointer et de comprendre plus clairement le projet. »

La maquette montre bien l'ampleur du projet. En haut de l'image on peut voir la route 111 qui longe la propriété. Photo : Mathieu Proulx

Un projet mature en attente du financement

La propriété Dumont fait partie du paysage économique régional depuis plusieurs décennies. Royal Nickel Corporation avait fait progresser le projet entre 2008 et 2012, avant qu’il ne soit mis sur la glace pendant plusieurs années.

La course aux minéraux stratégiques permet maintenant à Dumont Nickel et à son partenaire Kinterra Capital de croire à la concrétisation du projet.

Il y a quelques mois, le gouvernement du Québec s’est engagé à fournir les mégawatts nécessaires au démarrage des activités. Il reste maintenant à compléter le montage financier avec les partenaires privés ainsi que les gouvernements du Québec et du Canada.

« Le projet est mature. Les études techniques sont réalisées, les permis environnementaux sont obtenus, a poursuivi le chef de l’exploitation. Nous travaillons depuis longtemps avec la communauté. Nous bénéficions d’un appui exceptionnel et nous voulons le maintenir. La salle Dumont devient une extension du projet et un lieu pour poursuivre les échanges avec la population. »

L’attente est longue, mais M. Vézina estime que le caractère novateur du projet explique ces délais.

« Concrètement, nous sommes peut-être à quelques heures ou à quelques jours d’une réponse, a-t-il indiqué. Nous avons la conviction qu’elle sera positive. »

Dumont Nickel peut compter sur l’appui d’un consortium d’investisseurs privés par l’entremise de Kinterra Capital. M. Vézina ne perçoit toutefois pas d’impatience de leur part malgré les tergiversations du gouvernement.

« Les gens ont bien évidemment hâte d’obtenir des certitudes, a-t-il affirmé. L’appui du gouvernement est toujours là. Nous avons pu rencontrer la ministre Christine Fréchette la semaine dernière. On nous a demandé d’être patients, mais nous demeurons confiants. »

Selon lui, de nouveaux investisseurs continuent également de se joindre au projet.

« Aujourd’hui, nous avons des investisseurs et d’autres s’ajoutent avec le temps. Le bloc énergétique est confirmé et il ne manque plus que l’autorisation finale pour lancer les travaux. »

 

Un centre de services pour les minéraux stratégiques

L’acquisition de l’ancienne usine de pâtes et papiers d’Amos répondait à un objectif bien précis. Par l’entremise de Minéraux Stratégiques Abitibi, l’entreprise souhaite créer un véritable pôle de services consacré aux minéraux stratégiques au Québec.

Comme l’a cité en exemple M. Vézina, il n’existe actuellement aucun laboratoire capable d’analyser le nickel au Québec. Le plus près se trouve en Colombie-Britannique.

« Nous avons plusieurs projets liés aux minéraux stratégiques, notamment des mines de lithium dans le Nord-du-Québec, a-t-il expliqué. Avec un projet comme Dumont, qui aura une durée de vie d’environ 50 ans, nous pouvons attirer les investissements nécessaires pour implanter un laboratoire, tout en permettant à d’autres entreprises d’en bénéficier. »

Le démantèlement des anciens équipements de l’usine de pâtes et papiers est actuellement en cours. Prochainement, Minéraux Stratégiques Abitibi entend dévoiler davantage de détails sur les futurs aménagements prévus dans cette vaste usine.

L'histoire de la propriété Dumont remonte à la fin des années 60. Royal Nickel Corporation a concrétisé plusieurs étapes importantes du projet au tournant de 2010. Sur la photo, le chef de l'exploitation de Dumont Nickel, François Vézina. Photo : Mathieu Proulx