La minière propose que les sommes versées pour compenser les impacts sur les milieux humides servent à restaurer des sites dégradés en Abitibi-Témiscamingue.
La minière Dumont Nickel, qui développe le projet Dumont à Launay, souhaite changer les règles du jeu en matière de compensations liées aux milieux humides et hydriques.
Une approche davantage ancrée dans les réalités régionales
Plutôt que de verser les sommes prévues au Fonds de protection de l’environnement du gouvernement du Québec, l'entreprise aimerait que les compensations se traduisent par des actions concrètes sur le territoire.
Elle propose notamment de contribuer à la réhabilitation de sites miniers abandonnés, à la réfection d'ouvrages hydriques vieillissants ou encore au développement de projets de recherche appliquée avec l'expertise régionale, notamment celle de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).
Après avoir présenté, il y a quelques mois, un échéancier de développement s'échelonnant sur 50 ans, Dumont Nickel affirme vouloir générer un impact qui dépasse celui de son seul projet. L'entreprise souhaite ainsi contribuer à corriger certains passifs environnementaux hérités du passé.
Le vice-président Environnement et Développement durable, Martin Duclos, explique que cette proposition reçoit déjà un accueil favorable au sein de l'appareil gouvernemental.
« Les fonctionnaires avec qui nous avons discuté trouvent l'idée intéressante, a-t-il mentionné en entrevue. Évidemment, cela nécessiterait des changements sur les plans administratif et réglementaire, mais il s'agit d'une nouvelle façon d'aborder les compensations liées aux milieux humides et hydriques. »
Comme le rappelle M. Duclos, le projet Dumont aura un impact important sur les milieux humides et hydriques.
« Dans notre secteur, on en compte beaucoup, comme partout en Abitibi-Témiscamingue. Nous souhaitons donc pouvoir compenser autrement, par exemple en investissant dans des projets touchant les milieux hydriques plutôt que de simplement recréer un milieu humide ailleurs. Nous tenons compte du fait qu'ici, les enjeux environnementaux prioritaires ne sont pas nécessairement les mêmes qu'ailleurs. Nous voulons répondre à des problématiques propres à l'Abitibi-Témiscamingue », a-t-il expliqué.
Restaurer les passifs environnementaux
La présence de 70 sites miniers abandonnés parmi les quelque 140 recensés au Québec a été l'un des principaux éléments déclencheurs de cette proposition. Selon l'entreprise, ces sites représentent un important passif environnemental et continuent d'avoir des répercussions sur les écosystèmes, les milieux hydriques et l'utilisation du territoire.
« Nous reconnaissons pleinement l'importance des milieux humides et hydriques, a déclaré le chef de l'exploitation de Dumont Nickel, François Vézina. Notre objectif n'est pas de minimiser cet enjeu, mais de proposer une réponse plus ambitieuse : faire en sorte que les compensations environnementales servent directement à restaurer des milieux dégradés, à réparer certains passifs historiques et à générer des bénéfices mesurables pour l'Abitibi-Témiscamingue. »
Dans un document transmis au ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Dumont Nickel propose plusieurs pistes d'intervention, dont le reméandrage de cours d'eau afin de leur redonner un caractère plus naturel, la réfection d'ouvrages de contrôle des niveaux d'eau en fin de vie, la création de milieux humides dans d'anciennes sablières, la fermeture de chemins forestiers, la restauration d'habitats fauniques, la revégétalisation des bandes riveraines ainsi que la restauration de sites miniers abandonnés.
Miser sur l'expertise régionale
La minière identifie l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) comme un partenaire de premier plan pour concrétiser cette vision.
« L'Abitibi-Témiscamingue possède l'expertise, les institutions de recherche, les entreprises et les partenaires nécessaires pour devenir un modèle en matière de restauration environnementale appliquée aux territoires miniers, a souligné Martin Duclos. Dumont souhaite contribuer à cette évolution avec une approche rigoureuse, scientifique et ancrée dans les priorités régionales. »