Jeudi, 9 juillet 2026

Hôpital d’Amos : Québec promet… mais les travaux devront attendre

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Le porte-parole de la mobilisation citoyenne, François Lemire (au centre) en discusison avec la députée d'Abitibi-Ouest, Suzanne Blais et la première ministre, Christine Fréchette. M. Lemire s'attendait à des travaux au plus tard en 2027.Photo : Mathieu Proulx
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La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a annoncé la fusion des deux phases du projet de modernisation de l’hôpital d’Amos. Les premiers travaux ne devraient toutefois pas être amorcés avant 2029.

 

Une annonce qui déçoit le milieu

Une annonce accueillie avec beaucoup de déception par les quelques dizaines de représentants du milieu de la santé et de la société civile, tant locale que régionale.

Comme l’a expliqué la première ministre, il s’agit d’une annonce de planification, contrairement aux annonces de réalisation faites ailleurs au Québec au cours des derniers mois.

Alors que des appels d’offres sont sur le point d’être lancés à La Malbaie ou à Chicoutimi, par exemple, Amos devra patienter encore plusieurs années.

« Aujourd’hui, on annonce que la fusion des phases 1 et 2 a été approuvée par le Conseil des ministres, a déclaré Mme Fréchette avec le sourire. Ce projet est maintenant plus ambitieux, plus efficace et plus efficient. Il s’agissait de la bonne décision à prendre. »

La Première minitre, Christine Fréchette très fière de confirmer la fusion des deux phases de l'hôpital d'Amos entournée de la députée d'Abitibi-Ouest, Suzanne Blais et d ela P-dg de Santé Québec en région, Caroline Roy. Photo : Mathieu Proulx

« On s'est fait barouetter »

Le porte-parole du comité de suivi de la construction de l’urgence, des soins intensifs et du bloc opératoire de l’hôpital d’Amos, François Lemire, s’est dit « très déçu » de l’annonce.

« Je m’attendais à ce qu’on parle de réalisations et non de promesses électorales, a-t-il lancé amèrement. Quand on nous dit qu’on a de très bonnes nouvelles à annoncer, on pense nécessairement à une réalisation. On se dit : "Ça y est, on est rendus là!" Finalement, on nous annonce qu’on rendra la bâtisse disponible en 2029 pour une ouverture en 2036. Ça n’a aucun maudit bon sens. »

François Lemire est ressorti déçu de l'annonce qui, pour lui, n'est qu'une autre promesse électorale. Photo : Mathieu Proulx


M. Lemire rappelle que la fusion des phases 1 et 2 avait déjà été confirmée il y a deux ans.

« Ça donne l’impression que certains politiciens vivent deux ans en arrière, a-t-il ajouté. Le comité travaille depuis cinq ans et on nous sert toujours des promesses. On s’est fait barouetter. »

Malgré l’engagement de la première ministre, il demeure impossible de confirmer que cette étape est irréversible puisqu’aucun appel d’offres ne sera lancé à court terme.

« L’argent est provisionné et, depuis longtemps, on nous disait que les plans étaient commencés. Maintenant, on nous dit que les plans vont être réalisés. On nous fait carrément une autre promesse électorale. »

 

Un projet de plus de 400 M$

Le projet est évalué à plus de 400 millions de dollars et permettra, d’ici 2036, d’offrir une urgence quatre fois plus grande qu’actuellement, un bloc opératoire cinq fois plus vaste ainsi qu’une unité de soins intensifs trois fois plus grande.

« En plus de tout ça, les espaces actuels seront réaménagés pour accueillir des cliniques externes, un centre de prélèvements et une nouvelle entrée principale », a décrit la première ministre.

 

En 2026, un nouveau pavillon sera créé à l'hôpital d'Amos ainsi qu'une urgence, un bloc opératoire et des soins intensifs au goût du jour. Photo : Archives

Suzanne Blais parle d'un accomplissement

La députée d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais, a pris la parole avec beaucoup d’émotion. À ses yeux, cette annonce représente un grand accomplissement.

« C’est la raison pour laquelle je me suis lancée en politique, a-t-elle affirmé. Aujourd’hui, on constate que le gouvernement agit et que le projet avance. »

 

Santé Québec salue l'annonce

La présidente-directrice générale de Santé Québec Abitibi-Témiscamingue, Caroline Roy, s’est-elle aussi réjouie de cette annonce.

« Depuis 18 ans — certains diront même davantage — nous travaillons à la modernisation de notre hôpital, a-t-elle indiqué. Toute la population régionale a toujours appuyé ce projet et, aujourd’hui, nous le concrétisons. »

 

Un pas dans la bonne direction, selon Sébastien D’Astous

Le maire d’Amos et préfet de la MRC d’Abitibi, Sébastien D’Astous, a préféré retenir les aspects positifs de l’annonce.

« Le regroupement des deux phases, on en entend parler depuis très longtemps, a-t-il souligné. Je dois dire que c’est une excellente décision sur le plan économique de tout réaliser en même temps. C’est un pas dans la bonne direction. J’ai maintenant hâte de voir les contrats être octroyés. » 

 

Le défi du recrutement demeure

Le report du chantier risque toutefois de compliquer encore davantage l’attraction et la rétention des professionnels de la santé en région.

« Si on veut réussir à attirer des talents, il faut que l’environnement de travail soit à la fine pointe», a conclu le maire et préfet.