Dave Bourque a été condamné à une peine de 40 mois d’incarcération, jeudi le 13 août 2026, par le juge Jean-Pierre Gervais. L’homme de 48 ans avait reconnu sa culpabilité à différents chefs d’accusation, notamment de leurre informatique, de possession de pornographie juvénile et d’agression sexuelle sur une victime d’âge mineur.
Les événements se sont déroulés entre octobre 2020 et janvier 2021. Des échanges par messages textes entre l’accusé et la victime ont éventuellement mené à des échanges par messages textes entre l’accusé et la victime ont éventuellement mené à des agressions sexuelles.
Une ordonnance de non-publication protège l’identité de la victime. Il est donc interdit de diffuser toute information permettant de l’identifier, directement ou indirectement.
Le tribunal se penche sur le parcours de l’accusé
Avant de déterminer la peine, le tribunal a notamment pris connaissance d’un rapport présentenciel et d’une évaluation psychosexuelle. La victime a également été entendue dans le cadre des procédures.
Le rapport présentenciel décrit Bourque comme un homme aujourd’hui âgé de 48 ans, sans antécédents judiciaires et qui fait face à la justice pour une première fois.
Au moment des infractions, il traversait une période marquée par la consommation de cocaïne et un état psychologique fragilisé.
Selon le rapport, Bourque reconnaît aujourd’hui la gravité des gestes posés et estime avoir fait preuve d’un manque de jugement en agissant impulsivement pour satisfaire ses propres besoins.
Il aurait depuis participé à deux thérapies en lien avec sa consommation. Il affirme être abstinent de cocaïne depuis 2023 et avoir maintenant une consommation responsable d’alcool.
L’agente de probation estime que l’accusé est conscient de la gravité de ses gestes et de leurs conséquences. Elle souligne également le cheminement considérable qu’il aurait effectué depuis les événements.
Compte tenu des démarches et des changements entrepris, elle évalue le risque de récidive pour des infractions semblables comme étant faible, à condition que Bourque poursuive son cheminement.
Une thérapie spécialisée recommandée
Le tribunal disposait également d’un rapport d’expertise sexologique rédigé par le sexologue Steve Titley.
Selon cette expertise, au moment des infractions, Bourque ne voyait essentiellement rien de malsain dans sa relation avec la victime. Sa perception aurait toutefois changé depuis.
Il se dit maintenant pleinement conscient du caractère immoral, malsain et délictuel de ses gestes envers la victime. Il affirme également éprouver des remords et des regrets ainsi que de l’empathie envers celle-ci.
Bourque ne souhaiterait toutefois pas intégrer un programme de traitement en délinquance sexuelle. Le sexologue considère pour sa part qu’une démarche thérapeutique spécialisée serait nécessaire et bénéfique.
Les facteurs aggravants « pèsent lourd »
Dans sa décision, le juge Jean-Pierre Gervais a retenu plusieurs facteurs atténuants, dont le plaidoyer de culpabilité de Bourque, qui a notamment évité à la victime de devoir subir un procès.
Le tribunal a aussi considéré son absence d’antécédents judiciaires, un rapport présentenciel essentiellement positif, sa participation à des thérapies ainsi que son abstinence alléguée de drogues dures.
Le juge estime ainsi que la réhabilitation de Bourque est déjà bien avancée.
Les facteurs aggravants liés aux infractions commises pèsent toutefois lourd dans la balance au moment de déterminer une peine juste et appropriée.
Le tribunal a finalement condamné Dave Bourque à 40 mois d’incarcération.
De cette peine seront soustraits trois mois pour la détention provisoire déjà purgée.
Le CALACS se dit soulagé pour la victime
Selon Andréanne Brouard, intervenante au CALACS Abitibi, l’organisme se dit soulagé pour la victime, puisque la peine imposée est cohérente avec celle qui avait été suggérée par la Couronne.
Le CALACS salue également le fait que le juge Jean-Pierre Gervais ait souligné le courage de la victime d’être venue témoigner devant le tribunal. Pour l’organisme, cette reconnaissance permet de rappeler l’importance que peuvent avoir ces témoignages, malgré la difficulté que représente une telle démarche pour les victimes.
Andréanne Brouard souligne finalement que, malgré les difficultés auxquelles fait actuellement face le système judiciaire, notamment les délais et le départ de juges, beaucoup de travail reste à faire. Elle estime toutefois que des décisions comme celle rendue dans ce dossier permettent de garder espoir.