La CAQ présente Manon Barbe dans Abitibi-Est et promet de doubler les redevances aux régions ressources
La Coalition Avenir Québec (CAQ) mise sur l’entrepreneure et gestionnaire Manon Barbe pour défendre ses couleurs dans Abitibi-Est aux prochaines élections générales. La candidate a été présentée lundi à Val-d’Or par le vice-premier ministre et candidat dans Vachon, Ian Lafrenière.
Originaire de l’Abitibi-Témiscamingue, Manon Barbe œuvre depuis plusieurs années dans le secteur de la petite enfance. Formée en gestion des ressources humaines et en gestion à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), elle est notamment cofondatrice de Cible Petite Enfance.
Elle a également présidé le Regroupement des CPE de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, où elle a notamment porté la voix du réseau auprès du gouvernement.
La candidate affirme vouloir maintenant mettre cette expérience au service de sa région.
« Aujourd’hui, la Coalition a réveillé la politicienne qui dormait en moi, mais elle dormait pas tant que ça. Je me sens investie d’une mission : celle de porter la voix de ma région que j’aime plus que tout. »
Une candidature axée sur les régions
Pour Manon Barbe, l’enjeu des ressources naturelles s’inscrit dans une volonté plus large de défendre les intérêts de l’Abitibi-Est à Québec. La candidate dit vouloir s’appuyer sur son expérience de gestionnaire et d’entrepreneure pour représenter les gens de la circonscription.
« Comment vous convaincre de me faire confiance, c’est difficile parce que j’ai toujours eu à mettre en valeur les autres. Je peux vous assurer que je suis engagée et que je suis attachée à ce que je fais. »
Avec cette candidature, la CAQ mise donc sur une personnalité issue du milieu régional et associe dès le départ son arrivée en politique à des enjeux qui touchent directement l’Abitibi-Témiscamingue, dont le partage des retombées de l’exploitation minière.
Manon Barbe identifie déjà plusieurs dossiers qu’elle souhaite mettre de l’avant, notamment les ressources naturelles, le développement des services dans les régions éloignées et les redevances minières. « Il y a tellement d’enjeux à adresser : les ressources naturelles, une priorité de Mme Fréchette, le développement des services en régions éloignées et les redevances minières», a -t-elle cité en exemple.
Ian Lafrenière estime pour sa part que son expérience constitue un atout pour la CAQ dans Abitibi-Est. « Ce sera un honneur de travailler avec Manon, une femme impliquée dans l’entrepreneuriat, le développement de la jeunesse via les CPE. Une femme qui veut travailler pour les régions et leur donner une voix», a-t-il lancé avec enthousiasme.
La CAQ veut doubler les sommes versées aux régions ressources
La présentation de Manon Barbe a été précédé d’une annonce de la ministre des Ressources naturelles, Kateri Champagne-Jourdain, concernant directement l’un des enjeux évoqués par la nouvelle candidate.
La CAQ s’engage à doubler les sommes versées aux régions ressources dans le cadre du Programme de partage des revenus des redevances sur les ressources naturelles. L’enveloppe passerait ainsi de 38 à 76 millions de dollars par année à compter de 2027, si la formation politique forme le prochain gouvernement.

Selon la CAQ, les 38 millions de dollars supplémentaires seraient destinés en priorité aux régions productrices. Le parti soutient que cette bonification permettrait aux municipalités et aux MRC qui vivent les impacts de l’exploitation des ressources naturelles de bénéficier davantage des retombées économiques.
La formation politique précise que cette mesure serait mise en place sans augmenter la charge financière des entreprises minières.
Pour Manon Barbe, l’enjeu des retombées minières doit être abordé en tenant compte des réalités particulières des régions qui accueillent les activités d’exploitation.
« Une inéquité », selon le maire de Malartic
Le maire de Malartic, Martin Ferron, accueille positivement l’engagement annoncé par la CAQ. Il estime toutefois que le modèle actuel de partage des revenus ne permet pas aux régions minières de recevoir leur juste part. « On espère que tous les partis puissent reconnaître que l’Abitibi-Témiscamingue ne reçoit pas sa juste part des impacts des mines », a-t-il affirmé en entrevue avec MédiAT.
Le maire souhaite notamment que les sommes supplémentaires annoncées soient réservées aux régions ressources. « Je souhaite que le montant des redevances qui s’ajoutent soit exclusif aux régions ressources parce qu’en ce moment, on envoie notre argent à des régions qui n’ont pas de mine », a-t-il mentionné.
Martin Ferron fait référence aux mécanismes de partage fiscal négociés au fil des dernières décennies et considère que ceux-ci créent une iniquité entre les territoires. « Les régions plus populeuses reçoivent plus que nous, a-t-il poursuivi. On parle d’une inéquité. »
Le maire de Malartic rappelle également que le déficit fiscal qu’il associe à la situation des régions minières frôle, selon lui, les 800 millions de dollars. « On a trop envoyé d’argent à Québec. Nos infrastructures pendant ce temps-là ont du retard et ont besoin d’investissement. »
Il cite notamment les écoles, les hôpitaux et les routes parmi les infrastructures qui nécessitent des investissements supplémentaires.