Mardi, 4 août 2026

Les Québécois favorables à une redistribution des redevances minières vers les régions

Publié:
Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Le sondage Léger révèle que 64 % des Québécois souhaitent qu'une plus grande part des redevances minières soit versée aux communautés qui accueillent les projets. L'Association minière du Québec et sa présidente-directrice générale, Emmanuelle Toussaint, estime que cet appui renforce les demandes des régions, qui réclament une réforme du régime afin de mieux compenser les coûts liés au développement minier. Photo : Archives
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Un sondage Léger révèle que près des deux tiers des Québécois souhaitent qu'une plus grande part des redevances minières soit versée aux communautés qui accueillent les projets. L'Association minière du Québec estime que cet appui confirme une demande exprimée depuis plusieurs années par les régions.

 

 Les résultats du sondage Léger sur les redevances minières démontrent qu'une majorité de Québécois appuie une redistribution plus importante des revenus tirés de l'exploitation minière. Au total, 64 % des répondants souhaitent que les redevances soient davantage versées aux communautés locales qui accueillent les projets.

Pour l'Association minière du Québec (AMQ), ces résultats ne sont pas surprenants.

« Depuis des années, on entend cet écho, a affirmé la présidente-directrice générale de l'AMQ, Emmanuelle Toussaint. On souhaite un meilleur partage des redevances dans les régions minières qui accueillent des projets miniers. »

L'AMQ estime que les projets miniers génèrent d'importantes retombées économiques, mais qu'ils entraînent également des coûts supplémentaires pour les collectivités.

« Il y a des dépenses qui viennent avec ça, a poursuivi Mme Toussaint. On peut penser à l'entretien des routes, à l'aménagement de voies de contournement, à la construction de logements, aux services de garde. Plus il y a d'activités, plus la population augmente et plus il faut offrir des services essentiels. »

Selon l'association, une redistribution accrue des redevances pourrait également favoriser l'acceptabilité sociale des projets.

« C'est un principe de base pour l'équité et l'acceptabilité sociale, a ajouté Mme Toussaint. S'assurer qu'il y ait un plus grand retour vers les régions minières, c'est définitivement un pas de plus vers l'acceptabilité sociale, au-delà des emplois créés. »

 

Meilleure compréhension des régions minières

Le sondage montre également que les citoyens des régions minières, notamment de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et de l'Abitibi-Témiscamingue, comprennent davantage le fonctionnement du régime de redevances. L'appui à une redistribution des revenus y est aussi plus marqué.

Pour l'AMQ, l'étude réalisée en 2025 par la firme Aviséo à la demande de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue constitue un argument supplémentaire en faveur d'une réforme.

« Pour nous, il s'agit d'un signal supplémentaire, a souligné Mme Toussaint. C'est très intéressant de voir à quel point cette étude est documentée et de constater le déséquilibre qui existe dans la région. »

 

La CPAT salue les résultats 

Sur les ondes de Radio-Canada, le président de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, Gilles Chapadeau, s'est dit satisfait des résultats du sondage.

« Nous, on l'avait chiffré à travers le rapport Aviséo, a-t-il déclaré. On vient encore une fois démontrer que les régions contribuent de façon importante au PIB québécois, mais reçoivent peu par rapport à leur contribution. »

Le maire de Rouyn-Noranda partage également cette analyse. Il estime que les coûts assumés par les municipalités devraient être pris en compte dans la redistribution des redevances minières.

Il souhaite une approche plus régionale, rappelant que certaines municipalités qui n'accueillent pas directement de projet minier peuvent néanmoins subir des répercussions. Il cite notamment le projet Wasamac d'Agnico Eagle, dont le minerai devrait être transporté de Rouyn-Noranda jusqu'à l'usine de Canadian Malartic, ce qui entraînerait des impacts sur plusieurs municipalités traversées.