Agression sexuelle sur une mineure : David Lévesque prend le chemin de la prison
L’Amossois David Lévesque a été condamné à 30 mois de prison pour une agression sexuelle survenue en 2023 sur une personne mineure au moment des événements. La juge Marie-Chantal Brassard a rendu son jugement le 24 septembre au palais de justice d’Amos.
La juge Brassard a lu une déclaration de 16 pages, estimant qu’une peine de deux ans et demi de prison était proportionnelle à la gravité des faits dont David Lévesque a été reconnu coupable. Pour la juge Brassard, à la lumière des nombreux cas de jurisprudence consultés, une peine d’emprisonnement avec sursis n’aurait pas été suffisante.
Une peine assortie de conditions
En plus des 30 mois d’emprisonnement, David Lévesque devra respecter une série de conditions, dont celle de n’avoir aucun contact avec la victime. Il lui est également interdit de posséder des armes à feu pendant une période de 10 ans et il devra s’inscrire au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.
Pour la juge Brassard, certains facteurs atténuants sont à souligner, notamment le faible risque de récidive présenté par l’accusé et l’absence d’antécédents judiciaires, à l’exception de condamnations pour conduite avec les facultés affaiblies. Des facteurs aggravants ont également été relevés dont le fait qu'il était une personne en situation d'autorité sur la victime.
Une fois la sentence prononcée, les constables spéciaux ont menotté David Lévesque, qui a quitté la salle sans dire un mot en direction de la prison.
Des conséquences importantes pour la victime
Le jugement de Mme Brassard a également fait état des impacts importants sur la victime. Il est notamment question de détresse psychologique, d’idées suicidaires, de difficultés dans son parcours scolaire, ainsi que de problèmes de consommation et d’isolement. Elle entreprend maintenant un cheminement afin de se reconstruire.
En entrevue, Leïla Vallières s’est dite soulagée après le prononcé de la sentence. Pour elle, désormais, « la honte change de camp ».
Si l’agresseur ne semble exprimer aucun remords et réfute les faits qui lui sont reprochés, comme l’a rappelé la juge Brassard dans son jugement, la victime estime que son attitude n’a fait qu’aggraver la situation.

« C’est comme ça depuis le début, a-t-elle lancé. Moi, je le sais, ce qui s’est passé. Je l’ai vécu. À partir de là, c’est lui le pire parce que son attitude n’a fait qu’empirer sa situation. »
Leïla Vallières se dit également soulagée que la « honte change de côté ».
« Je ne peux pas imaginer comment il va réussir à bien dormir quand il n’exprime aucun remords et que tout le monde te dit que tu es coupable », a-t-elle poursuivi.
L’intervenante au CALACS Abitibi, Andréanne Brouard, s’est dite satisfaite du jugement rendu. Elle souligne toutefois les délais importants du système judiciaire, alors que la victime était âgée de 14 ans au moment des faits. Elle a aujourd'hui 18 ans.
« Le processus n’a pas été facile pour Leïla, mais elle a démontré beaucoup de force, a-t-elle poursuivi. Nous sommes fières d’elle, d’être allée jusqu’au bout. La décision rendue est juste et la juge a bien expliqué la nature de son jugement. Le travail a été bien fait. »
Les faits remontent à 2023
Les événements sont survenus dans la nuit du 12 au 13 avril 2023. Leïla Vallières, alors âgée de 14 ans, gardait les enfants de l’accusé à son domicile.
Lorsque M. Lévesque est revenu à son domicile, il était intoxiqué par l’alcool et a rejoint la victime dans son lit, où elle dormait. Il l’a déshabillée et l’a agressée sexuellement jusqu’à éjaculation.
La juge Brassard a souligné que l’agresseur avait par la suite demandé à la victime de se taire afin d’éviter des représailles de la part de sa famille et de ses proches.