Mercredi, 9 septembre 2026

Stérilisateur défaillant au bloc opératoire de Val-d’Or : le syndicat dénonce des délais administratifs

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Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Les infirmières du bloc opératoire de Val-d'Or pour la santé des patients en raison d'un problème de stérilisateur déficient. Santé Québec assure que la sécurité de tous est assurée. Photo : Archives
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Un stérilisateur défaillant au bloc opératoire de Val-d’Or force depuis plusieurs mois l’acheminement d’instruments chirurgicaux vers Amos et Rouyn-Noranda afin qu’ils soient stérilisés adéquatement. Le syndicat des infirmières craint que cette situation entraîne des reports et des annulations de chirurgies, en plus de faire peser une pression importante sur le personnel.

Mathieu Proulx, MédiAT – Initiative de journalisme local (IJL)

 

Les infirmières du bloc opératoire de Val-d’Or, par l’entremise du Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue, affilié à la FIQ (FIQ-SISSAT), dénoncent des problèmes de stérilisation des équipements qui pourraient avoir des impacts majeurs sur la santé des usagers.

En entrevue avec MédiAT, le président de la FIQ-SISSAT, Jean-Sébastien Blais, rappelle que des problèmes liés à la ventilation, causant d’importantes variations de température, ainsi que des défaillances d’équipements et un manque récurrent de matériel chirurgical conforme sont observés fréquemment depuis un bon moment.

 

Un stérilisateur qui ne répond plus aux besoins

Depuis juin, la situation se serait toutefois détériorée davantage. « En plus des problèmes de ventilation, des problèmes au niveau des équipements de stérilisation nous empêchent de sortir les instruments de manière conforme », a-t-il expliqué. C’est comme si on avait un lave-vaisselle à la maison qui laisse des débris sur la vaisselle. »

Toujours selon M. Blais, il est impossible d’opérer avec des instruments qui ne sont pas stériles. « On met leur sécurité en péril, a-t-il poursuivi. Depuis juin, on envoie les instruments à Amos ou à Rouyn-Noranda pour une stérilisation conforme. Entre-temps, il arrive qu’on manque de matériel stérile à Val-d’Or. »

Certaines chirurgies doivent donc être reportées ou annulées. Dans certains cas, le syndicat affirme que des interventions doivent être entreprises malgré l’incertitude quant à la disponibilité du matériel nécessaire en cas de complication.

Par courriel, Santé Québec a admis avoir dû procéder à une diminution d volume de chirurgie « de façon temporaire » ainsi qu’à des transfert durant la panne de stérilisateur. 

« Au cours des dernières années, des travaux ont été réalisés et certains se poursuivent pour assurer la mise aux normes électriques, une ventilation adéquate et pour remplacer des équipements en fin de vie, dont les stérilisateurs, afin d’assurer un environnement physique et des activités de stérilisation conformes aux normes en vigueur », a-t-on indiqué.

 

Une pression importante sur le personnel

« Nos infirmières ont donc une charge importante sur elles parce qu’elles ont une conscience professionnelle, a souligné M. Blais. Elles se demandent ce qu’elles pourront faire en situation d’urgence. »

Des événements seraient également survenus au cours desquels des équipements dont l’état de stérilité n’était pas connu auraient dû être utilisés en urgence.

Selon le président du syndicat, la santé des patients aurait alors pu être mise en danger. Il cite notamment du matériel de base comme des bistouris et des scalpels.

Santé Québec a préféré rappeler à la population que les soins offerts sont sécuritaires et qu’en aucun cas la population n’a été exposée à un risque associé à la qualité du retraitement des dispositifs médicaux lors d’une intervention au bloc opératoire de Val-d’Or. 

Santé Québec Abitibi-Témiscamingue assure maintenant les discussions avec le syndicat en vue de veiller à ce que « le personnel bénéficie des meilleures conditions de travail possible. »

« On ne dénombre pas d’incidents pour l’instant, mais on constate plusieurs reports et même des annulations, a mentionné le président du syndicat. Quand on connaît l’état des listes d’attente, ce n’est pas quelque chose qui est souhaitable pour la population. »

 

Un remplacement qui pourrait prendre des mois

Le problème réside notamment dans le fonctionnement défaillant du stérilisateur de Val-d’Or, dont le remplacement pourrait prendre plusieurs mois.

« Santé Québec nous répond que certaines démarches sont faites pour acheter du nouveau matériel, mais que ça pourrait prendre des mois, voire un an, avant de recevoir un stérilisateur fonctionnel », a informé M. Blais.

Toujours selon les informations transmises au syndicat par Santé Québec, il ne s’agirait pas d’un équipement spécialisé particulièrement difficile à trouver.

« Il faut faire un appel d’offres, attendre de voir qui aura soumissionné et suivre tout le processus administratif. Et considérant que le stérilisateur est fonctionnel avec des défaillances, l’appareil n’est pas considéré comme brisé. On ne peut donc pas aller sur la voie rapide », a expliqué Jean-Sébastien Blais.

Le président du syndicat dénonce ainsi ce qu’il considère comme des problèmes essentiellement administratifs.

« Pour le moment, ce sont les usagers qui paient le prix et les infirmières, a-t-il poursuivi. Elles nous demandent de gérer ce dossier avec transparence pour les usagers qui doivent être informés. »

 

Des médecins préoccupés

Lors d’une rencontre, M. Blais a également souligné que certains médecins auraient témoigné d’un inconfort face au manque d’outils adéquats.