Mardi, 6 octobre 2026

L’Abitibi-Témiscamingue choisit le changement et le Parti Québécois

Publié:
Mathieu Proulx
Mathieu Proulx
Médiat – Initiative de journalisme local (IJL)
Sébastien d'Astous et ses militants étaient en feu après l'annonce de sa victoire trente minutes après la fermeture des bureaux de vote. Photo : Courtoisie Équipe Sébastien D'Astous
Partager cet article

La surprise n’est pas si grande, mais le visage politique de l’Abitibi-Témiscamingue change complètement au lendemain des élections québécoises. Sébastien D’Astous, Diane Dallaire et Stéphane Tremblay, tous trois du Parti québécois, représenteront la région dans un gouvernement péquiste minoritaire.

Comme ailleurs au Québec, la Coalition avenir Québec perd toutes les circonscriptions où elle avait été élue en 2022. La députée sortante d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais, a terminé au troisième rang derrière le candidat conservateur, Daniel Guillemette, et l’ancien maire d’Amos, Sébastien D’Astous, nouvellement élu avec plus de 7 000 voix d’avance sur son plus proche rival conservateur.

Contactée par téléphone au lendemain de la soirée électorale, Suzanne Blais s’est montrée sereine et dit respecter le choix des électeurs, qu’elle remercie du même souffle de l’avoir portée au pouvoir durant huit ans.

Elle gardera plusieurs bons souvenirs de cette « grande aventure ». « J’ai appris beaucoup, a-t-elle mentionné d’emblée. Il y a eu des hauts et des bas. »

La députée sortante se rappelle notamment de la gouvernance durant la pandémie, qui n’avait alors connu aucun précédent semblable. « Ensuite, on a eu les feux de forêt, a-t-elle poursuivi. Dans ma circonscription, c’était une crise énorme. »

Parmi ses autres fiertés, elle souligne que le projet de modernisation de l’hôpital d’Amos est maintenant « concret », rappelant que les 488 millions de dollars nécessaires aux rénovations de l’urgence et du bloc opératoire sont provisionnés. « Il va rester à accélérer l’échéancier et je suis sûre que M. D’Astous va faire un bon travail pour assurer le suivi. »

Mme Blais lui a même souhaité l’obtention d’un ministère afin d’assurer une représentation de la région au Conseil des ministres. Maintenant que la poussière est retombée, elle reconnaît que l’absence de la région autour de la table du Conseil des ministres a fait mal à la région et à la Coalition avenir Québec.

La députée sortante se promet maintenant de prendre des vacances bien méritées. Elle se dirigera ensuite vers Québec, mais cette fois pour se rapprocher de ses enfants et de ses petits-enfants.

De son côté, en entrevue avec Radio-Canada, Sébastien D’Astous s’est dit heureux du résultat. « Ça met aussi la pression parce que les gens que j’ai rencontrés au fil des années s’attendent à ce que je livre. Ils s’attendent à ce que je connaisse bien mes dossiers, que je connaisse bien l’Abitibi-Témiscamingue », a-t-il déclaré quelques minutes après l’annonce de sa victoire au journaliste Martin Guindon.

M. D’Astous souhaite maintenant travailler avec ses collègues péquistes élus afin de s’assurer que les gens ressentent une présence forte du gouvernement en Abitibi-Témiscamingue. «Je suis vraiment heureu que l'Abitibi-Témiscamingue fasse front commun avec le Nord-du-Québec. On va être au pouvoir à Québec. On va pouvoir défendre la région, a-t-il complété en entrevue téléphonique le lendemain de l'élection. Les demandes et les besoins sont nombreux. Je suis conscient de tout ça, mais on va vous représenter avec plaisir.»

L'ancien maire d'Amos est confiant face au défi qui l'attend. «Grâce à mon expérience, je connais bien les dossiers, a-t-il assuré. Il s'agit d'un moment charnière dans ma carrière. C'est très stimulant!»

Joanie Bolduc, de Québec solidaire, et Marc-André Fortin, du Parti libéral du Québec, ont chacun reçu un peu plus de 8 % des voix.

 

Pierre Dufour ne retournera pas à l’Assemblée nationale

La lutte la plus serrée aura, comme prévu, été dans Abitibi-Est, où le péquiste Stéphane Tremblay a finalement été couronné un peu plus tard dans la soirée.

Autrefois caquiste, puis indépendant et finalement libéral, Pierre Dufour a mordu la poussière en terminant derrière le candidat conservateur, Jean-Philipp Girard.

Le député sortant, Pierre Dufour, n’a pas souhaité commenter sa défaite au lendemain de l’élection. Par message texte, il s’est dit serein face au verdict final.

 

Les Solidaires s’effondrent à Rouyn-Noranda–Témiscamingue

Du côté de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, la bonne performance de la jeune candidate caquiste, Béatrice Déry, qualifiée d’« étoile montante » par sa cheffe, Christine Fréchette, n’aura pas suffi à maintenir la circonscription dans le giron caquiste.

L’ancienne mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, a récolté près de 40 % des suffrages. Le candidat conservateur a terminé troisième, devant la candidate solidaire, France Marion.

Il y a quelques années, la circonscription était pourtant un terreau fertile pour les solidaires. L’éviction d’Émilise Lessard-Therrien comme co-porte-parole aura visiblement fait mal aux troupes de QS. France Marion a récolté moins de 15 % des voix, alors qu’en 2022, la formation avait terminé au deuxième rang avec 30 % des suffrages.

 

Ungava élit une première femme députée

Le Nord-du-Québec sera donc entièrement péquiste avec l’élection d’une première femme députée dans la plus grande circonscription de la province.

Sonia Caron a réussi à battre ses adversaires avec près de 40 % des voix. Elle succède à Denis Lamothe, député caquiste depuis 2018.