Achat local : Le gouvernement doit aller plus loin, selon QS

Le gouvernement doit envoyer un message clair sur l'achat local et commencer par annuler la création des Centres d'acquisition gouvernementale prévue au projet de loi 37. Photo : MédiAT

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La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et Québec Solidaire souhaitent que la reprise économique se fasse dans l’intérêt des Québécois notamment ceux des régions du Québec. Le report de la création des Centres d’acquisitions gouvernementales dans le contexte actuel démontre selon elle l’absurdité de ce projet.

Pour la députée,  dans les dernières années, les gouvernements ont centralisé les achats de l’État et la CAQ n’y fait pas exception avec la création des Centres d’acquisitions gouvernementales prévue avec le projet de loi 37 qui pénalisera les régions. 

«Dans ma région par exemple, concrètement ce sont nos imprimeries locales, nos papeteries qui perdent des contrats au profit de gros fournisseurs à Montréal. Dans l’industrie alimentaire, ce sont nos fromageries, nos entreprises maraîchères qui gagneraient à approvisionner les écoles et CPE de leur localité », illustre Mme Lessard-Therrien.

Le gouvernement retarde l’implantation de la structure

Vendredi dernier, le gouvernement a d’ailleurs annoncé le report de la mise sur pied de ces Centres d’acquisitions en raison du contexte de la Covid. Pour la députée, la crise démontre clairement le côté contre-productif de cette politique pour l’économie des régions. 

Plusieurs municipalités avaient d’ailleurs demandé d’annuler ce projet à long terme. C’est le cas à la Ville d’Amos. Le maire, Sébastien D’Astous était d’ailleurs heureux d’avoir été entendu sur le court terme et espère que le gouvernement puisse donner l’exemple sur l’achat local à long terme.

«Le gouvernement actuellement nous rappelle de consommer local alors nous aussi on passe le message à nos concitoyens, mais on voudrait aussi que le gouvernement suive son propre discours, a-t-il affirmé. Qu’il décide de reporter l’instauration des centres à la fin de la pandémie, c’est bien mais il s’agit d’une petite victoire seulement. Il faut continuer de s’assurer que ces centres ne voient pas le jour.»

Faire plus pour l’achat local

En outre, Québec Solidaire demande aussi au gouvernement de montrer l’exemple quant au principe d’achat local :

  1. Remplacer 40% des achats faits hors Québec par les institutions et ministères par des achats locaux d’ici 4 ans en mettant les bouchées doubles dès maintenant;
  2. Remplir à 50% d’aliments québécois les assiettes servies dans les services alimentaires des institutions publiques;
  3. Envoyer une directive claire aux ministères et aux institutions publiques visant à favoriser l’approvisionnement local et régional;
  4. Introduire une certification « Fabriqué au Québec », à l’image de la certification « Aliments du Québec».

« Le gouvernement du Québec, avec ses ministères et institutions partout sur le territoire, a un grand pouvoir d’achat dans toutes les régions, a affirmé la co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé. L’initiative du Panier bleu, c’est une bonne idée, mais le gouvernement doit donner l’exemple. Les entrepreneurs et entrepreneuses de chez nous vivent comme tout le monde une période difficile. On peut faire plus pour leur donner un coup de main. Si on ajoute à cela le fait que pour chaque dollar dépensé chez un commerçant d’ici, plus de la moitié restera au Québec comparativement à moins de 20 % pour un achat à l’international, c’est définitivement une solution gagnant-gagnant.»

«C’est une bonne mesure, a commenté le maire d’Amos. Plus on va être en mesure d’acheter local, plus on va créer des besoins locaux, plus nos entrepreneurs vont prospérer et avoir le goût de créer des nouveaux produits.» Le maire rappelle qu’il faut valoriser non seulement l’achat local, mais aussi la production locale. «Au Québec, nous avons les ressources et les gens compétents. Je crois qu’on peut en faire beaucoup plus.»