« Attends pas » : des services en santé mentale encore méconnus

entrevue mélanie tremblay paysage 23 01 2023
Mélanie Tremblay (à droite) et Lydia Blouin (à gauche) avant l'entrevue sur la campagne « Attends pas ».

Les hommes en détresse psychologique ont désormais accès à un ensemble de ressources pour leur venir en aide. Malheureusement, ces services sont souvent méconnus de la population.

C’est pour faire connaître ces ressources et pour encourager les hommes à aller chercher de l’aide plus tôt que la campagne « Attends pas » a été lancée le 18 janvier dernier.

Selon Mélanie Tremblay, directrice du Centre de prévention du suicide d’Amos, les services sont bien plus accessibles qu’il n’y parait :

« Le milieu communautaire est un milieu où il y a des intervenants de disponibles, où il y a peu ou la plupart du temps pas de liste d’attente et où les services sont malheureusement méconnus et sous-utilisés. »

La campagne cible les hommes, car ils ont moins tendance à aller chercher de l’aide. Cela peut les emmener à vivre beaucoup de détresse et, dans les cas les plus extrêmes, à se suicider. Par ailleurs, 77% des suicides sont commis par des hommes. Les hommes de 50 ans et plus sont également ceux qui se suicident le plus : en 2018, ils représentaient plus de la moitié des décès par suicide.

Devant un problème aussi complexe, une véritable expertise était de mise, considère madame Tremblay. C’est donc l’entreprise Rouillier stratégie marketing qui a monté la campagne de toute pièce.

Cette dernière, qui se veut accrocheuse, a pour slogan « Attends pas… d’en avoir plein ton casque ». Sur le site Internet de la campagne, on compare également la santé mentale avec l’entretien d’un véhicule : 

« Quand ton truck est brisé, c’est évident, tu l’amènes au garage. Pourquoi attendre d’être à bout, ou simplement ne rien faire, quand c’est pour toi? Tout comme ton truck, tu peux avoir besoin de soutien pour aller mieux. Demander de l’aide va te permettre de renverser la situation. »

Le site s’adresse autant aux hommes en détresse qu’à leur entourage, leur employeur et les intervenants travaillant avec eux. Divers outils sont offerts sur le site. Comment se remettre d’un coup dur? Comment réagir face à l’agressivité? ou encore Comment aider un homme proche à utiliser des services d’aide? sont quelques uns des sujets sur lesquels on peut obtenir de l’information.

Il est également possible d’être redirigé afin de parler au téléphone, clavarder ou texter avec un intervenant. Il ne s’agit pas de ressources de prévention du suicide : la campagne vise à encourager les hommes à aller chercher de l’aide avant d’avoir des idées noires. L’objectif est plutôt de référer la personne vers les services appropriés par rapport aux difficultés qu’elle vit.

Le sablier a été choisi comme image pour la campagne pour rappeler que le temps importe lorsqu’on est en détresse : plus on agit rapidement, plus vite on peut aller mieux. Par ailleurs, le sablier, qui se retourne, symbolise la possibilité de renverser n’importe laquelle situation.

Pour pouvoir établir un premier contact, des affiches seront disposées dans divers lieux de travail où l’on retrouve une majorité d’hommes, comme les mines ou les scieries.

La campagne est une initiative du comité détresse chez les hommes MRC Abitibi, lui-même découlant de la Table de concertation en santé mentale et dépendance. Il est composé des membres suivants :

  • Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT)
  • Centre de prévention du suicide d’Amos
  • Corporation de développement communautaire d’Amos (CDC)
  • Groupe IMAGE de l’Abitibi-Témiscamingue
  • Ministère de la Sécurité publique, Services correctionnels du Québec
  • S.A.T.A.S.