Covid-19 : Les producteurs de lait aimeraient de l’aide

Les fermes laitières de la région doivent donner leur lait sans compensaiton ou le gaspiller. Le président régional de la fédération des producteurs de laits, Gabriel Rancourt, aimerait un soutien du gouvernement fédéral. Photo : Archives\MédiAT

La fermeture des restaurants a des impacts négatifs jusque dans nos fermes. Ces jours-ci, c’est environ trois millions de litre de lait qui doivent être jetés. Pour le président du Syndicat des producteurs de lait en Abitibi-Témiscamingue, Gabriel Rancourt, la problématique est vécue également en région. 

Malgré des dons dans les banques alimentaires, il y a encore énormément de gaspillage. M. Rancourt souhaiterait que des mesures puissent venir soutenir les producteurs impactés. 

«On a demandé au gouvernement fédéral  de nous aider à mettre du lait disponible aux banques alimentaires, a-t-il mentionné. Actuellement, les producteurs assument 100% des frais, mais on ne croit pas que c’est notre rôle d’assumer ça au complet.»

Selon les données de M. Rancourt, l’an dernier, un million de litres ont été donnés aux banques alimentaires. La semaine dernière, les producteurs avaient déjà atteint trois millions de litres.

Lessard-Therrien veut l’indépendance alimentaire

Toujours en agriculture, la députée, Émilise Lessard-Therrien et porte-parole en agriculture a proposé un plan d’indépendance alimentaire afin d’assurer la sécurité alimentaire des Québécois en temps de crise.

Pour elle, alors que l’approvisionnement vient beaucoup des États-Unis, il faut s’assurer que nos récoltes seront abondantes l’automne prochain. Pour elle, le Québec a la capacité de nourrir son monde si les bons choix politiques sont faits.

Aider les travailleurs d’ici

«Avec la crise de la COVID-19, il y a beaucoup d’insécurité qui s’installe dans la population, a expliqué Mme Lessard-Therien. À l’aube de notre prochaine saison agricole, l’incertitude plane sur nos producteurs agricoles, aurons-nous toutes les ressources nécessaires pour répondre aux besoins alimentaires de la population québécoise? En hiver et au printemps, c’est environ 40% des aliments consommés au Québec qui proviennent ou transitent par les États-Unis. Alors qu’on sait que le combat contre le coronavirus sera long, si on veut se garantir des récoltes abondantes à l’automne, il ne faut pas manquer la fenêtre d’opportunité que nous offre les semaines à venir avec le temps des semis.» 

On propose, entre autres, une prime de 4$ de l’heure pour les travailleurs agricoles, stimuler le recrutement local en permettant aux personnes sans emploi ou retraités de travailler sur une ferme sans pénalité, augmenter les seuils de production hors-quota pour les petits producteurs comme la volaille et les oeufs, reconnaître les agriculteurs comme services essentiels et leur permettre d’utiliser les services de garde d’urgence et reconnaître les marchés publics comme services essentiels

Inspirée par les Jardins de la victoire de la 2e guerre mondiale, la députée souhaite également encourager les potagers collectifs et le jardinage dans toutes les municipalités, autoriser la culture potagère partout et convertir un maximum d’espaces publiques ou privées en productions maraîchères