«Journées sans élèves» : Rien de nouveau en Abitibi-Témiscamingue

Les «journées sans élèves» ne sont pas une nouveauté et ont pour but de permettre aux enseignants de se concerter, ce que les journées pédagogiques ne permettent plus de faire selon le syndicat de l'enseignement. Photo : Archives.

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Comme on l’apprenait dans un article de La Presse ce matin, les commissions scolaires Lac-Abitibi et Rouyn-Noranda ont recours aux «journées sans élèves»  pour permettre aux enseignants de se concerter et d’établir de meilleures stratégies d’enseignement. Cette nouveauté ne fait toutefois pas l’unanimité.

À la commission scolaire Lac-Abitibi, la moitié des écoles expérimente le principe des «journées sans élèves.» Certaines écoles ont huit, neuf ou dix journées sans élèves. Pour atteindre les 180 jours d’école obligatoires, on ajoute quelques minutes à l’horaire de chaque journée. Dans certains cas, comme à la commission scolaire de Rouyn-Noranda, les parents doivent débourser des frais de service de garde supplémentaires.

Un concept qui n’est pas nouveau

Le Syndicat de l’enseignement de l’Ungava et de l’Abitibi-Témiscamingue nous a expliqué qu’il s’agit d’un concept qui existe depuis déjà plusieurs années à Rouyn-Noranda et Val-d’Or entre autres. À Amos et La Sarre, ce serait plus récent.  On explique que les directions imposent souvent des formations, comme ils ont droit de le faire,  lors des congés pédagogiques, ce qui retire du temps aux enseignants pour se concerter.

Pour ajouter ces «journées sans élèves» au calendrier, les enseignants doivent se prononcer démocratiquement et on obtient des résultats de 80%, voire même 90% et 100% dans certains cas, en faveur des «journées sans élèves». Il est également spécifié que ces journées ne peuvent servir pour du travail personnel comme la correction et la planification. Les enseignants sont tenus de faire des activités de concertation entre collègues.

Pour la présidente du SEUAT, Hélène Lambert, ce qui pourrait arriver c’est que les journées pédagogiques redeviennent ce qu’elles ont été auparavant. «Les P.E. à l’époque étaient destinés à la planification et aux évaluations, a expliqué la présidente. Ces journées devraient revenir pour les enseignants plutôt que pour toutes sortes de formations qui ne correspondent pas toujours aux besoins des enseignants.»

Réactions à Québec

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a avoué ne pas être au courant que ce genre de congé existait. Il entend prendre position prochainement. Il a demandé qu’on lui fournisse des données précises sur le nombre d’écoles qui offrent ce genre de journée.

La députée libérale Marwah Rizqy, critique cette pratique rappelant la loi qui oblige les élèves à fréquenter l’école pendant 180 jours par année. Pour elle, les ajouts de dix minutes aux autres journées ne sont pas efficaces compte tenu de la capacité des élèves à se concentrer après un certain temps.

La députée solidaire, Christine Labrie, trouve quant à elle inacceptable que des parents doivent payer des frais de garde supplémentaires. Elle s’inquiète aussi que le ministre ne possède pas ou peu de données sur le sujet.