La COVID-19 bousille les plans de bien des joueurs de hockey professionnels

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Sacha Guimond a passé trois belles saisons en Autriche, mais l'avenir pour lui est maintenant incertain à cause de la pandémie. Courtoisie Sacha Guimond

VILLE-MARIE- Si les joueurs de la LNH viennent de d’entamer les séries éliminatoires avec un calendrier décalé, ceux qui jouent au hockey dans des ligues en Europe ou ailleurs se retrouvent sans emploi à cause de la COVID-19. C’est le cas de Sacha Guimond, originaire de Ville-Marie au Témiscamingue, défenseur avec le club autrichien Innsbruck HC.

Guimond roule sa bosse au hockey professionnel depuis maintenant neuf ans. Il a passé les trois dernières saisons à Innsbruck, dans la ligue élite (EBEL). Le défenseur de 29 ans a beaucoup apprécié son séjour là-bas, mais la crise du coronavirus est venue changer la donne.

«C’est certain que je ne retournerai pas là-bas, affirme-t-il. En plus de ne pas savoir s’ils me laisseront entrer en Autriche, l’équipe a encaissé des pertes financières importantes. Là-bas, ils basent beaucoup leurs budgets sur les commandites, et plusieurs entreprises ont dû couper dans leur budget de promotion. Actuellement, l’équipe ne signe pas beaucoup de joueurs importés, et ceux qu’ils signent doivent accepter des baisses importantes de salaire.»

Défenseur fiable, Sacha Guimond a connu une dernière saison un peu plus difficile. En 47 matches, il a récolté 6 buts et 12 passes, mais il a surtout fini avec un différentiel de -9.

«C’est un peu dommage, parce que j’aimais beaucoup cela en Autriche, dit-il. La ville est belle, Innsbruck a accueilli deux fois les Jeux olympiques d’hiver, en 1964 et 1976, et le calibre de jeu est très bon. Ça se compare à quelque chose entre l’ECHL et la Ligue américaine. Je ne sais pas si je vais rejouer un jour dans une aussi belle ville.»

Un programme chamboulé

Ancien joueur du Drakkar de Baie-Comeau, Guimond passe l’été en Abitibi-Témiscamingue, où il s’entraîne avec deux autres «expatriés»: Philippe Cornet (Finlande) et Shawn Morton-Boutin (Grande-Bretagne).  Pour les trois, la COVID-19 a chamboulé le calendrier d’entraînement.  «Habituellement, vers le 5-6 août, je me dirige vers l’Europe, raconte-t-il. Pour la première fois de ma carrière, à ce temps-ci de l’année, je suis dans l’inconnu. Ça ne m’était jamais arrivé avant.»

Sacha Guimond n’a pas écarté complètement un retour en Amérique du nord, mais la vie dans la East Coast League l’intéresse de moins en moins. «En Europe, les salaires sont bons, et les joueurs ont un appartement et une voiture fournis. Si je retournais dans les circuits mineurs aux États-Unis ou au Canada, ce serait pour garder la forme.»

Il n’a pas parlé à son agent depuis trois semaines, et les ligues professionnelles européennes pourraient ne reprendre leurs activités que tard en automne.

La Ligue d’Allemagne a commencé à évoquer un retour progressif, et d’autres ligues pourraient emboîter le pas, selon Sacha Guimond. «Mais la plupart des équipes ne signent pas encore de joueurs importés, fait-il remarquer. Je sais que j’aurais ma place dans d’autres pays d’Europe, donc je demeure optimiste.»

Texte publié dans le cadre de l’Initiative de journalisme local (La Presse canadienne)