La direction du ministère de l’Économie s’en va en Outaouais

Martin Ferron, président de la Table des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue. Photo : UMQ

L’Abitibi-Témiscamingue et la Gaspésie perdront leur direction régionale respective du ministère de l’Économie et de l’Innovation à la suite de la réorganisation gouvernementale en matière d’économie. Cette nouvelle mesure prévue au projet de loi 27 implique la fusion de la direction régionale du ministère de l’Économie avec la région de l’Outaouais, tandis que la Gaspésie se verra associer à la direction de Rimouski.

Pour la table des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue, il s’agit d’une regrettable décision centralisatrice de la part du gouvernement. Pour eux, cela va à l’encontre des propos tenus par le gouvernement au cours de la dernière année. On se questionne notamment sur la réelle volonté de vouloir décentraliser 5000 postes de la fonction publique en région d’une part, tout en enlevant une direction de l’autre. 

La table des préfets ne croit pas que le ministère de l’Économie et de l’Innovation, en se privant d’une direction régionale sur le territoire de la région, sera en mesure de garder une lecture précise des besoins réels et concrets.

Des appuis dans le même sens 

La Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda s’est également ralliée à la position de la Table des préfets. Elle juge cette décision inacceptable d’autant plus qu’elle va à l’inverse de la promesse de rapatrier des postes de la fonction publique dans la région. 

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue a réagi par voie de communiqué. Pour elle, la décision est aussi contraire au message de décentralisation que le gouvernement prônait depuis les élections.

« Depuis 2015, ma région a perdu tous ses décideurs locaux en matière de culture, d’immigration, d’éducation et de condition féminine, sans parler des autres organismes qui sont passés sous le couperet du gouvernement. C’est bien beau de conserver des fonctionnaires en région, mais sans pouvoir décisionnel, on vide ces organisations de leur substance pour nous laisser des coquilles vides. Les directions régionales sont là pour agiter des drapeaux rouges quand les programmes sont mésadaptés à nos réalités régionales. Qui prendra la parole pour nous maintenant? » s’inquiète Mme Lessard-Therrien

Mme Lessard-Therrien demande donc au gouvernement de revenir sur sa décision.

« Ça fait trop longtemps qu’on affaiblit les régions en les dépouillant de leurs instances stratégiques et de leurs pouvoirs décisionnels. Pourtant, alors que la CAQ prétend être le parti des régions, elle poursuit le démantèlement tranquille de nos structures régionales comme son prédécesseur libéral. Le gouvernement caquiste doit arrêter de parler des deux côtés de la bouche et faire preuve de cohérence : s’il se réclame autant le parti des régions, il devrait écouter davantage les acteurs régionaux et nous laisser nos pouvoirs », conclut-elle.

Il ne s’agit d’une première fusion de direction d’un ministère de la région avec l’Outaouais. Il y a quelques années à peine, le gouvernement Couillard a fusionné la direction du ministère de la Culture et des Communications de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’Outaouais lors de son dernier mandat. La décision avait alors suscité une vive réaction du milieu culturel, sans que rien ne change malgré tout. L’éducation, la condition féminine et l’immigration, entre autres, a aussi vu ses décideurs quitter la région depuis longtemps.

Nous attendons des retours du ministre régional, Pierre Dufour et du ministère de l’Économie. 

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