Le Bloc veut se rapprocher des Autochtones

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De passage en Abitibi-Témiscamingue, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rencontré plusieurs leaders autochtones Michel Ducas, Initiative de journalisme local

VAL-D’OR-Dans le bilan de sa visite de mercredi et jeudi en Abitibi-Témiscamingue, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a fait ressortir sa volonté de se rapprocher des communautés autochtones, dans la région comme ailleurs au Québec.

«Partout où je vais au Québec, j’essaie de rencontrer les leaders autochtones, a dit M. Blanchet en point de presse jeudi en fin de journée. Pour nous, il est important que nous ayons une relation de nation à nation, sur ce territoire où nous coexistons.»

Dans un contexte où une élection peut survenir à tout moment, conquérir le vote des Autochtones peut devenir un enjeu pour le parti.  En 2015, le député sortant d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash (NPD), avait pu compter sur le vote des Cris et des Inuit pour l’emporter à l’arraché sur le libéral Pierre Dufour.

Au cours de la journée de jeudi, Yves-François Blanchet s’est rendu à Pikogan, où il a promis de travailler à régler le dossier du sous-financement de l’école. «L’école à Pikogan a des problèmes budgétaires qu’il faut adresser, a fait savoir le chef du Bloc. Selon moi, il s’agit d’une erreur administrative, et nous verrons à ce qu’elle soit corrigée.»

Il a aussi tenu une promesse qu’il avait faite en campagne électorale en rencontrant le président du Centre d’amitié autochtone, Oscar Kistabish. «Je lui ai aussi promis que nous nous verrions à nouveau. Je l’ai invité à venir nous voir à Gatineau, et de cette façon, nous pourrons porter ses préoccupations à Ottawa.»

Une voix

Yves-François Blanchet a dénoncé certaines politiques des derniers gouvernements en place, notamment le programme Nutrition Nord, qui a été déplacé du temps de Stephen Harper de Val-d’Or à Winnipeg. Le programme devait permettre aux communautés du Grand Nord québécois d’obtenir des denrées de base à des prix décents, ce qui n’est plus le cas.

«Quand le gouvernement du Québec prend les choses en main, habituellement, ça bouge. Il faut nourrir et loger adéquatement les communautés autochtones. Actuellement, ce qui se passe dans le Grand Nord, c’est honteux. À Pikogan, j’ai vu des maisons où on s’entasse à 7, 9, 11 résidents. Comment voulez-vous que les enfants se concentrent quand vient le temps des devoirs? »

Le chef bloquiste veut que son parti devienne la voix des peuples autochtones. «J’ai rencontré (le chef de l’Assemblée des Premières-Nations Québec-Labrador) Ghislain Picard, et je lui ai offert de prêter une partie du temps de parole de notre parti pour qu’il puisse exprimer les préoccupations des Premières-Nations à Ottawa, et faire pression sur le gouvernement.»

Transport aérien régional

Le chef bloquiste a abordé plusieurs autres sujets régionaux au cours de son point de presse, dont le transport aérien régional. Il a joint sa voix à celle de la plupart des intervenants dans le dossier pour demander à ce qu’Ottawa s’assure qu’Air Canada ne revienne pas offrir des services dans les régons qu’elle a abandonnées à la fin juin.

Il croit aussi qu’une partie des 800 M$ qu’Ottawa a prêté à Air Canada devrait être redirigé vers les régions. «Chaque région, chaque aéroport a ses propres enjeux, a-t-il déclaré. En attendant, on a droit à des interventions sans saveur du ministre (Marc Garneau) dans le dossier.»

Tout en louangeant le Québec pour son énergie propre, Yves-François Blanchet a décoché quelques flèches en direction de l’industrie pétrolière et du gouvernement Trudeau.

«Chaque dollar investi dans le pétrole de l’Alberta, c’est un dollar de moins qu’on investit dans des énergies renouvelables au Québec, dit-il. J’ai vu ici comment des compagnies comme utilisent les débris forestiers pour produire de l’énergie, comme une compagnie comme Eacom, ici à Val-d’Or utilise 40% de ses résidus pour sa propre production pour faire de la deuxième transformation. Le Québec est un symbole de l’énergie propre.»

Texte publié dans le cadre de l’Initiative de journalisme local (La Presse canadienne)