Le privé devra se responsabiliser pour mieux recycler

Eska a annoncé récemment vouloir utiliser 100% de matériel recyclé pour fabriquer ses bouteilles. Elle devra poursuivre dans cette voie en assurant que le matériel qui sort de son usine se rendent au bon endroit ensuite selon les nouvelles mesures imposées par le ministre de l'Environnement, Benoit Charette.

Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, a annoncé aujourd’hui la modernisation complète  du système de collecte sélective. Le nouveau principe sera fondé sur la responsabilité élargie des producteurs. La modernisation est accompagné d’un budget de 30,5M$. 

Dans un communiqué du ministère de l’Environnement, on peut apprendre qu’au terme de la réforme, les producteurs  qui mettent sur le marché des contenants, emballages, imprimés et des journaux seront responsables de leurs produits du début à la fin de leur cycle de vie. Ainsi, elle devront prendre en charge leur récupération, leur tri, leur conditionnement et leur recyclage.  Actuellement, les entreprises versent une contribution aux municipalités et assument la majorité des coûts de la collecte mais elles n’ont aucune responsabilité sur la gestion des opérations. 

Une très bonne nouvelle

La gestion du nouveau système sera donnée à un organisme reconnu par Recyc-Québec qui agira au nom des entreprises et qui assurera l’atteinte des objectifs de récupération fixées. Les producteurs devront établir des partenariats avec les villes qui continueront d’offrir un service de proximité avec les citoyens pour la collecte et le transport des matières recyclables. 

Pour l’éco-conseiller certifié, Maurice Duclos, il s’agit d’une très bonne nouvelle.«Maintenant, on va responsabiliser les entreprises qui fabriquent des contenants et des emballages, a-t-il expliqué. Quand tu mets toi même un produit sur un marché, tu vas être responsable d’obtenir le taux de récupération exigé. Il y a plus de chances que les entreprises mettent les moyens pour y arriver  ce qui fera en sorte que la qualité et la quantité du recyclage va augmenter.»

L’éco-conseiller est donc confiant qu’il puisse y avoir une pression pour réduire les plastiques à la source. 

Améliorer la qualité et la quantité de matières

Les ménages québécois continueront d’utiliser leur bac bleu. Maurice Duclos ajoute que l’objectif est aussi d’améliorer la confiance des citoyens face au système de récupération.

«Le citoyen doit avoir l’assurance que la matière qu’on dispose dans le bac bleu se rende au centre de tri et qu’il soit trié convenablement, a-t-il expliqué. C’est bien beau envoyer des milliers de tonnes de matières au centre de tri, mais si au bout de la ligne, plus de la moitié se retrouve au dépotoir, on est pas plus avancés.»

Cette modernisation vient compléter l’élargissement de la consigne sur les contenants de plastique annoncé le 30 janvier dernier. Les deux systèmes ont pour objectif de permettre la prise en charge efficace de l’ensemble des contenants, emballages, imprimés et journaux mis en marché et de les diriger vers des filières performantes de recyclage et de valorisation. 

Des programmes pour supporter les entreprises

Cette annonce est accompagnée de cinq programmes de soutien soit; 

  • le Programme de soutien à la modernisation et au développement des centres de tri de la collecte sélective  et de résidus de construction totalisant 9,7M M$,
  • le programme de soutien au développement des débouchées et d’innovation technologiques pour 9,6M$,
  • le programme d’aide au centre de tri de la collective sélective pour 7,5M$,
  • un appel de propositions pour la transition vers l’économie circulaire pour 2,8M$,
  • et un appel de propositions visant la promotion de la réduction de l’utilisation et du rejet de plastique à usage unique pour 800 000$.

Les cinq programmes seront administrés par Recyc-Québec.