Usine Résolu d’Amos : pas de relance avant le printemps 2021

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AMOS-L’usine de papier journal de Produits forestiers Résolu, d’Amos, ne retournera pas en production avant le printemps 2021.

C’est ce qui ressort de la rencontre tenue lundi après-midi entre les dirigeants de Résolu, les représentants syndicaux Unifor, le maire Sébastien D’Astous et la députée Suzanne Blais.

L’usine est fermée depuis le 19 avril dernier, et depuis, 160 travailleurs sont au chômage.

La demande en papier journal a chuté de 40% depuis la pandémie, une demande qui était déjà en baisse avant la crise sanitaire. «Ce n’est pas unique à l’usine d’Amos, a indiqué le Directeur principal-affaires publiques et relations gouvernementales chez Résolu, Louis Bouchard. Au fond, la rencontre de lundi se voulait un état de la situation, pour dire aux travailleurs et aux leaders politiques de la région où on se situait par rapport à la crise.»

Pas de reprise rapide

Selon Louis Bouchard, le marché du papier journal ne connaîtra pas de regain à court terme. «On ne s’attend pas à une reprise rapide, dit-il. La pandémie a frappé fort, et dans des marchés où nous exportions, comme par exemple en Inde. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. On avait rencontré lundi matin le syndicat de l’usine de Baie-Comeau, et ils sont dans la même situation.»

Tant du côté syndical que patronal, on examine plusieurs avenues, dont celle de la conversion de l’usine d’Amos.

Le marché de la pâte kraft est en plein essor, et les deux parties sont ouvertes à cette possibilité. «Ça prendra des investissements majeurs, prévient Frédéric Auger, président du syndicat de l’usine d’Amos. Pour l’instant, on ne ferme pas la porte, mais on veut des solutions rapides. Avec la PCU qui se termine, on croyait que les dirigeants rouvriraient temporairement l’usine, pour que les employés puissent se qualifier pour l’assurance-chômage. Nous sommes un peu déçus.»

«On est ouverts à l’idée de migrer vers d’autres produits, acquiesce Louis Bouchard. Pour ce faire, il faudra moderniser les infrastructures, et examiner les retombées d’une telle décision.»

Un comité de relance

Entretemps, le syndicat a lancé un appel au milieu amossois. «Nous essayons de mettre sur pied un comité de relance, pour apporter des suggestions à l’entreprise, indique Frédéric Auger. En plus du milieu politique, nous faisons appel à la Chambre de commerce et au milieu des affaires pour examiner les meilleures avenues pour l’usine. Nous sommes conscients qu’en bout de ligne, c’est Résolu qui  va décider, mais nous voulons apporter de l’eau au moulin.»

Tout n’est pas noir du côté de Résolu. Malgré la baisse importante des ventes de papier journal, l’entreprise continue de faire de bonnes affaires dans d’autres secteurs. «On cherche des employés pour notre usine de sciage de Senneterre, indique Louis Bouchard. Le secteur de bois de sciage va très bien en ce moment.»

Avec l’hiver qui s’en vient, le syndicat croyait malgré tout sauvegarder certains emplois, mais il semble que ce ne sera pas le cas. «Ils n’ont pas encore défini de quelle manière ils vont chauffer la bâtisse, explique Frédéric Auger. Nous pensions qu’ils allaient maintenir la centrale thermique, mais non. Ça nous fait encore moins d’opportunités d’emploi en attendant.»

Texte publié dans le cadre de l’Initiative de journalisme local (La Presse canadienne)